Partager l'article ! Métropolitain du matin...: Une multitude d'existences muettes grouille ici. Elles cohabitent pour un voyage de cinq à vingt minu ...
Une multitude d'existences muettes grouille ici.
Elles cohabitent pour un voyage de cinq à vingt minutes, s'observent à la dérobée, se jaugent ou se méprisent. Elles interprètent leurs propres désirs ou frustrations sur leurs voisins au moyen d'un détail vestimentaire ou d'une conversation téléphonique. Tout attribut heurtant le regard quotidien laisse place à l'imaginaire et à la dérive. Ce flot d'envies se frotte, se bouscule jusqu'à l'objectif : gagner plus, vivre mieux, avoir un avenir ou juste un peu moins froid.
Ce squelette de ferraille estompe nos rêves un peu plus chaque matin ; le souvenir s'étiole parmi les ombres et les rails enfilés. J'étais dans une place blanche, une boule avançait vers moi. Je ne me souviens plus, mais cette oppression résiste en moi.
"Vous descendez ?"
"Jamais avant la station."
Vers quelle destination mon bien être voyage, où mon civisme disparaît pendant ces longues minutes. Nous nous piétinons nos souliers et nos amours propres, nous nous envoyons maux et sacs à la figure. Et pour digérer ces blessures inutiles, ces attaques incessantes à notre espace vitale, que faut-il espérer ?
"Quelques pièces pour rester propre, dormir et manger"
Restons civils – Cher voisin de transport
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